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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 12:27

Qui décide de la politique de la France ?

Mais de quelle paralysie est donc frappé le gouvernement français ? Alors qu’il dispose d’une majorité comme peu de gouvernements en ont connu, alors que l’opposition de gauche ne s’est pas encore remise de sa défaite et continue de se déchirer, alors que l’horizon économique est sombre et lui donne la légitimité que la gravité de la situation donne au bistouri chirurgical, le voilà qui recule et repousse aux calendes grecques les mesures les plus urgentes.

Malgré les promesses de réformes drastiques, ce gouvernement ne fait que suivre l’exemple des gouvernements qui l’ont précédé ; ils ont reculé les mesures urgentes, en en confiant l’étude à de savantes commissions qui parviennent toutes aux mêmes conclusions et attendent la commission suivante pour pouvoir redire les mêmes choses. Et la France continue de s’enfoncer sous le poids des problèmes non résolus, des décisions non prises.

 

Les relations de l’Etat avec les syndicats sont des relations complexes : à la fois il en a peur car c’est le seul pouvoir capable, comme l’histoire récente l’a montré, de mettre son autorité en échec. Mais en même temps, il les glorifie en en faisant ses interlocuteurs privilégiés dans ce qui est devenu le rituel du "dialogue social" entre les "partenaires sociaux".

Ce rituel a été consacré en 1968 lorsque le gouvernement du Général de Gaulle a intronisé les syndicats dits représentatifs. Nous verrons dans quelles circonstances est née cette représentativité, mais on doit se demander ce que les syndicats représentent vraiment.

Ils ont en effet presqu’entièrement disparu du secteur privé et n’existent plus que dans le secteur public. Et même dans ce secteur, on doit se demander qui prend les décisions et quelle légitimité à représenter les intérêts de la Fonction Publique ont ceux qui ont pris le contrôle de l’Etat.

En d’autres termes, qui fait la politique de la France ?, seraient-ce quelques meneurs très décidés qui ont su prendre le pouvoir et le garder, des fonctionnaires ne représentant qu’eux-mêmes et des intérêts très corporatistes, la " chienlit " comme disait, à tort ou à raison, de Gaulle ?

Le déclin des syndicats français

Le contraste est saisissant entre le pouvoir syndical et la place numérique de plus en plus faible qu’ils occupent.

On comprend qu’en Suède, la plupart des décisions soient prises avec leur accord ou même à leur suggestion car 90% des salariés suédois sont syndiqués. Mais que penser de la France ou les syndicats sont les derniers de la classe en Europe ?

 

Certes, la France n’est pas le seul pays où les syndicats ont régressé ; partout, dans le monde, la participation syndicale est en recul.

Les causes du déclin des syndicats traditionnels sont assez claires : le syndicalisme pur est celui auquel nous devons l’interdiction de travail des enfants, l’assurance sociale, les 40 heures, etc. ; il est l’enfant du taylorisme, du travail à la chaîne, des cadences, des temps chronométrés, il est l’ enfant de l’aliénation qui transforme l’homme en machine et qu’a si bien décrit Simone Weil. C’est contre cet asservissement que se sont dressés tant d’intellectuels, même des polytechniciens qui se sont immergés dans le monde ouvrier en devenant OS à la Régie Renault, pour devenir ensuite des leaders syndicaux et des militants actifs de la CGT.

 

Mais le monde qu’ils ont connu a pratiquement disparu par suite d’une double transformation. La première est que les chaînes, la production manufacturière, l’OS ont considérablement reculé grâce aux progrès de la productivité et représentent moins de 20% de la population au travail, les activités de services ayant embauché ayant littéralement envahi plus de 40% de la population active en moins d’un demi-siècle, et ont fait chuté la part des fabricants de plus de 60% à moins de 20% de la populations active.

Or, qui dit activité de services dit initiative, autonomie des agents s’accompagnant simultanément d’une élévation du niveau de formation et de culture peu compatibles avec le syndicalisme ;celui-ci est d’abord une organisation de masse, proche des organisations militaires où compte d’abord la soumission à une même idéologie, à une hiérarchie, à des mots d’ordre et qui hait toute affirmation du moi individuel.

Nous sommes aujourd’hui très loin de l’entreprise créée par un grand-père, centralien, qui était le seul pratiquement à détenir le savoir et qui opérait dans son entreprise comme un suzerain. C’était un bon suzerain, mais un suzerain. D’autres entreprises étaient parfois commandées par de mauvais suzerains, ils n’étaient pas la règle générale mais ont servi de modèle et de cible à Karl Marx et ses disciples.

Alors qu’aujourd’hui, la force d’une entreprise n’est plus dans son suzerain mais dans la somme des capacités des individus à innover, à sortir du moule, à prendre des initiatives ; la seule obligation que doit satisfaire un bon gestionnaire est de faire converger les énergies individuelles, et de dégager des synergies entre elles.

Et la seconde raison du recul syndical est que les méthodes qui dominent le tertiaire se sont implantées même dans le secteur secondaire, le secteur manufacturier où des firmes comme Toyota ont mis en avant l’initiative individuelle, la pleine réalisation des individus dans leurs postes de travail à travers les "cercles de qualité".

L’OS au travail n’est plus un rouage mécanique et aliéné, dont la survie en tant qu’être humain dépend de sa capacité à effectuer des gestes répétitifs tout en continuant de rêver sur son lieu de travail - ou de son appartenance syndicale ? - mais un responsable, qui, aussi bas soit-il dans l’échelle, sait qu’il est maintenant indispensable et se voit donner des responsabilités et des possibilités d’initiatives qui le valorisent.

Pourquoi leur développement dans les services publics ?

Ce qui conduit à contrario, à se demander pourquoi le syndicalisme s’est tellement développé dans les services publics. Serait-ce parce que dans notre société, ce sont dans les services publics que l’individu serait le plus aliéné, écrasé par une machine bureaucratique qui l’ignore comme individu et qui ne le connaît que comme objet de réglementation, comme numéro matricule ? Serait-ce parce que la bureaucratie est une machine à désespérer non seulement ceux qui sont ses clients mais ses propres agents ?

Il faut dire qu’il aurait fallu à nos dirigeants syndicaux une extraordinaire vision de l’histoire et une grande abnégation devant leur carrière personnelle pour lancer le syndicalisme vers des voies nouvelles.

Certains, auxquels il faut rendre grâce, ont esquissé une révolution qui prend en compte le changement de donne, au premier plan desquels il faut citer Nicole Notat. Mais il est tellement plus facile de s’emparer des défauts du système pour le gérer à son avantage, et c’est comme cela que des leaders comme Marc Blondel ou Jacky Le Sueur se sont saisis d’un système bureaucratique défaillant pour leurs intérêts personnels, notamment de pouvoir, en se faisant les défenseurs des privilèges et des privilégiés.

Comme toutes les autres institutions dans lesquelles l’Etat s’est mêlé d’intervenir sans que ce soit l’une de ses missions régaliennes (police, justice, défense), les syndicats se meurent de l’intervention de l’Etat.

Cette intervention débute avec l’institution d’un régime extraordinaire qui met les finances des syndicats littéralement hors la loi et va faire de leur financement le temple impénétrable des influences occultes et d’opérations parfois mafieuses. Elle se continue par la désignation, après l’explosion de 1968, de syndicats représentatifs, syndicats auxquels l’Etat confie un monopole de représentation, quelles que soient leurs performances, leur nombre d’adhérents.

Que le pouvoir s’incline ainsi devant les syndicats, trouve son explication dans la peur qu’ont eu les dirigeants de se trouver devant une révolution de la rue, sans chef apparent, sur laquelle ils ne savent comment prendre prise et donc dans leur désir de maintenir des interlocuteurs privilégiés, chargés en somme de canaliser la révolte populaire à travers le "dialogue social".

 

Source : http://www.ifrap.org/ - Bernard Zimmern

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falempin Falempin - dans Politique
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