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  • : Mes coups de gueule sur l'actualité la politique et les faits de société ! Mon opinion et mes points de vue sur les sujets d'actualités ! Mais aussi divers textes pour vous et me divertir !
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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 00:31

La Manif pour tous du 24 mars 2013 : ce que j'ai vécu et vu ...

Peut-être un peu long, mais beaucoup de mes amis m'ont demandé de leur raconter cette aventure et les émotions ressenties, et comme je suis entier, je livre tout le plus fidèlement possible, d'autant que c'était ma première manif, idem pour Patricia. Celle du 13 janvier je ne l'ai vécu que derrière mon écran.

Par un élan de solidarité sans précédent, vous avez entendu l'appel que j'ai lancé le 19 mars 2013, vous avez répondu et relayé en masse, et sur Twitter et sur Facebook pour que je puisse si possible me retrouver en tête du cortège.

Avec ténacité vous n'avez rien lâché, relayant jours après jours mon appel et me fournissant liens, numéros de téléphone etc. ... après quelques jours la machine s'est mise en route pour finalement être relayée à la "manifpourtous45" et même à la section locale de l'UMP à Orléans.

Finalement j'ai obtenu mon billet pour Paris, mais hélas sans avoir la certitude de me trouver vraiment en tête du cortège, j'y reviendrai après. Mais déjà, je vous dois un immense merci et une sincère reconnaissance, vous avez été plus que formidable !

Alors avant de vous parler de la manif, je vous dois de raconter cette journée dans le détail pour vous prouver, à défaut de pouvoir le prouver aux autorités, comment s'est réellement passée la journée d'un invalide en fauteuil au milieu d'une foule de 1 700 000 personnes d'après le comptage de la DCRI (direction centrale des renseignements intérieurs).

S'ils ont le courage de me lire, qu'ils en tirent une belle leçon de "FRATERNITE ET DE LIBERTE" et non une leçon de semblant de "fraternité et de liberté". J'espère qu'ils verront la différence entre la taille de mes deux polices de caractères.

    IMGP0799

Bon, le début :

Départ de la maison avec Patricia et mon fauteuil dans la voiture direction Sully sur Loire (Loiret) à 15 kms sur le parking du château ou nous devons prendre notre car à 9h40.

Première surprise, une délégation d'un village voisin du mien (Cerdon du Loiret) nous accueille chaleureusement, le chauffeur du car d'une gentillesse incroyable m'aide à monter dans le car, le fauteuil dans le coffre et c'est parti, direction Paris.

En cours de route, les conversations s'engagent, notre responsable de car Nadia nous met en confiance et nous informe au fur et à mesure de l'évolution de la situation vers Paris car elle est en constante liaison avec les responsables et je devine déjà que l'organisation est au point mais sans me douter encore que je n'ai là qu'un mince aperçu de la logistique qui se dessine au fil des kilomètres parcourus.

Les kilomètres défilent sans aucun souci, et les conversations vont bon train, Patricia et moi, un peu tendus au départ nous nous sentons plus tranquilles et nous empruntons l'autoroute avec l'inquiétude de savoir s'il y aura barrage ou pas au péage, tant de bruits ont couru que j'avais ce petit doute.

Le péage est franchi sans aucun problème, des voitures montant sur Paris nous klaxonnent, nous font des signes, puis la situation change d'un coup, notre car se place sur la file de gauche et ralenti, et soudain, je vois sur le côté droit un nid, oui un nid de .... motards, il y en a partout et au fur et à mesure nous voyons dans les virages que nous ne sommes plus seuls, des dizaines de cars, devant derrière en convois, escortés par les motards qui font passer les voitures sur la file de droite et eux circulant sur la file du milieu pour réguler le trafic.

Nous sommes censés être débarqués à la Porte Maillot, mais Nadia nous informe que nous serons stationnés dans le Bois de Boulogne, je saurai après que nous serons débarqués à près de 4 kms de l'endroit initialement prévu. (Volonté délibérée des autorités pour doucher notre enthousiasme ?)

L'angoisse commence à me prendre sournoisement, Patricia va t'elle tenir le coup s'il nous faut marcher longtemps pour arriver Avenue de la Grande Armée ? Je ne dis rien, mais l'appréhension est là. Nous passons au bout des pistes de Orly, puis ne connaissant pas les lieux je ne peux que regarder, nous passons devant la tour de TF1, voyant nettement la caméra installée au sommet, nous regarde t'elle ?

Tous les accès et toute la circulation sont bloqués par les forces de l'ordre pour laisser passer ce convoi de cars impressionnant, nous voyons des pancartes sur les vitres, il y en de toutes les régions de France, c'est fabuleux, nous avons bien eu droit à un ou deux doigts d'honneur de la part d'une voiture, sinon c'est klaxons et drapeaux aux portières des voitures qui montent pour la manif.

 arrivee paris

Lentement, tant le nombre de cars est impressionnant, nous avançons sous bonne escorte et arrivons au Bois de Boulogne, je ne connaissais, pas là, je suis sur le cul  ! Des centaines et des centaines de cars sont stationnés des deux côtés des routes, nous somme placés allée de la Reine Marguerite, notre emplacement : M24 Bus 45-17.

Pendant la route, Nadia nous a distribué numéros de téléphone, le sien, celui de Jacques dans notre car, et même le téléphone du chauffeur du car dont je ne me lasserai pas de vanter la gentillesse et la bonne humeur.

J'ai également, car je ne l'ai pas oublié, le numéro de téléphone de mon ami @Corto74 qu'il ma transmis en DM sur Twitter "au cas ou..... " m'a t'il écrit, alors merci aussi à toi mon ami.

Le chauffeur me prépare mon fauteuil, et on m'aide à descendre du car, tout le monde veut m'aider, c'est émouvant, mais l'angoisse me saisi, nous sommes garés dans les bois, et les accotements sont des allées de terre, humides, impraticables pour un fauteuil comme le mien, mais mon angoisse ne dure pas longtemps, Nadia et jacques prennent le problème en charge, coup de téléphone et Nadia m'annonce qu'une voiture vient me prendre pour nous rapprocher le plus près possible de la Porte Maillot.

En attendant, les gens qui me voient dans mon fauteuil avec Patricia nous applaudissent et nous remercient pour notre courage, je me sens rougir car je ne vois pas pourquoi, je suis parmi eux, c'est tout !

2 minutes plus tard c'est chose faite, incroyable organisation, un membre de la logistique nous embarque en voiture, en roulant au pas, mais au moins on avance, et là, nous voilà séparé de notre petit groupe avec sa banderole "CERDON DU LOIRET" notre unique repère, mais je n'en crois pas mes yeux !!

Manif-pour-Tous-24-Mars-035.jpg

De chaque côté des allées, des cortèges de milliers de personnes avec banderoles et drapeaux, marchent d'un bon pas en rangs serrés, les deux côtés remplis de cars touche à touche, jamais je n'ai vu ça de ma vie, aussi loin que le regard porte ce ne sont que drapeaux et banderoles, une foule immense, joyeuse, familles entières, jeunes et anciens confondus, c'est ahurissant !

Aux carrefours, chaque rue, chaque allée offre le même spectacle époustouflant avec des cars des deux côtés à perte de vue, et les cortèges, de véritables cohortes sympathiques qui se rejoignent vers le même but, l'Avenue de la Grande Armée, la voiture roule lentement, notre conducteur nous dit que la foule est déjà immense, on entend la sono, le son se rapproche, de la Porte Dauphine ou nous arrivons, la foule se fait compacte.

Malgré tout, la voiture arrive à se frayer un chemin, mais arrivé au rond point Porte Dauphine, il ne peut aller plus loin, car toute circulation est bloquée et interdite, et le conducteur nous dépose, je le remercie avec chaleur, il nous a rendu un service inestimable !

IMGP0807

 A peine installé dans mon fauteuil, Patricia se met en route, nous avons à peine fait quelques pas que nous voilà engloutis par la foule, et là, je ne peux retenir mes larmes, les gens nous applaudissent, nous ouvrent le chemin, nous encouragent et nous félicitent pour notre courage, mais je pleure en baissant les yeux, je n'ai aucun mérite, c'est Patricia qui mérite ces encouragements, pas moi !!!

Patricia se fait un chemin au milieu de cette foule de plus en plus compacte, elle dit "pardon ..... merci ..... pardon ... merci" et les gens gentiment s'écartent pour nous faire un passage, la sono est puissante, mais d'une excellente qualité, des colonnes d'enceintes d'une dizaine de mètres de haut pendues à des grues sont réparties de la porte Dauphine jusqu'à la tribune devant l'Arc de Triomphe !

Nous arrivons devant le Palais des Congrès, et d'un coup, le bitume devient pavés, mon dieu, Patricia va t'elle pouvoir me pousser le plus loin possible ?

Il me parait impossible de pouvoir accéder au podium, but que je m'étais fixé, mais Patricia en a décidé autrement, et bravement et fièrement, elle me pousse, elle se place plein centre de l'Avenue de la Grande Armée et elle me pousse, je vois alors au bout de l'Avenue, la Tribune et l'arc de Triomphe, les colonnes de la sono et les écrans géants tout le long de l'Avenue.

La foule est de plus en plus compacte, sur les pavés Patricia peine, je suis balloté dans tous les sens, je me dis que mon fauteuil va lâcher, et j'ai peur.

Patricia ne cède pas un pousse de terrain, des gens s'écartent pour nous laisser passer, d'autres nous encouragent, nous félicitent, nous applaudissent, nous demandent d'ou l'on vient "du LOIRET", c'est incroyable !!

Il y a les bénévoles en gilet jaune pour l'accueil et canaliser la foule, gilets bleus pour la sécurité partout, en tout il y en a 8 000 pour assurer la sécurité et la surveillance, canaliser les gens enthousiastes, il y a un bruit infernal en plus de la sono, des trompes, des sifflets et des slogans chantés à tue tête etc.

Un jeune homme nous voit, peinant pour avancer, nous sommes bloqués, et moi tout petit je panique intérieurement, peur d'un mouvement de foule, alors ce jeune vient nous voir et nous demande ou nous voulons aller, alors je lui explique notre challenge, me porter en tête de cortège.

Il nous dit que ça va être difficile, car tout est bloqué mais que nous avons une petite chance d'avancer un peu en prenant une contre-allée, il décide de nous frayer un chemin en travers pour gagner la contre-allée à droite et avance le plus près possible du podium, le gilets jaune nous font passer les passages difficiles et nous avançons avec ce jeune inconnu qui spontanément nous rapproche du but. mais plus nous avançons, plus nous approchons du but et plus là aussi la foule est dense.

IMGP0817.JPG

 Nous arrivons enfin au bout de cette marche difficile, plus que 100 mètres et nous serons en tête du cortège, le jeune homme nous dit bon courage et nous laisse près d'un autre bénévole, nous le remercions avec toute puissance de l'émotion qui sort encore de nos cœurs car je réalise que finalement en regardant ces jeunes gilets jaunes, bleus, garçons et filles dont beaucoup ont à peine 20 ans, je me dis d'un coup que notre jeunesse dans sa majorité est belle, généreuse, saine !

 

Nous essayons de nous rapprocher encore, mais plus question, il faut un badge pour passer cette limite, je suis à la limite du carré des officiels, j'explique ce que je veux faire, alors passant outre, le bénévole en charge de la sécurité me fait avancer près du car de la régie, au pieds de cette perche immense avec une caméra télé extraordinaire, et de là je vois toutes les vues prises par le perche-man et de plus je suis abrité du vent.

Je décide de rester là, car pour être encore plus près il y a un gros trottoir et je ne pas prendre le risque de tomber et d'abimer mon fauteuil, enfin un peu de calme pour ma Patricia qui n'en peut plus mai qui bravement me répond : mais si ça va mon loulou t'inquiète pas, il est 14h20, nous n'avons ni manger bu une seule goutte.

Patricia mange l'un des casse-croutes apportés, moi je ne veux rien, pas faim ......

Nous écoutons les commentaires venant du podium, je regarde le caméraman, je vois les vues aériennes sur son grand écran de contrôles, mais j'ai la certitude que je passerai pas à la télé, car le bras télescopique de sa caméra est immense. devant la tribune il y a un barnum technique avec les caméras qui film les activités du podium, l'espoir d'y arriver me semble possible, il y a peu de monde encore, les officiels élus invités etc. ne sont pas encore là, mais descendre le trottoir me fait peur, et si j'y arrive je risque de me faire refouler et de plus pouvoir revenir là ou je suis.

    falempin 

Je décide donc de rester là, et bien m'en a pris, car nous somme juste au coin de l'Avenue de la Grande Armée et d'une petite rue, celle là même d'ou vont arriver les élus et responsables politiques de toutes tendances.

Les clameurs de la foule s'amplifient de plus en plus, j'ai une colonne son à 10 mètres, j'ai le podium en visu à moins de 30 mètres, pour moi c'est déjà un beau succès et aux premières loges pour le meeting de l'après-midi.

Et d'un seul coup, je vois un couple arriver avec leur jeune fille en fauteuil, comme moi, je les ai regardé, impossible de nous parler dans ce fracas de musique et slogans scandés par la foule et nous nous sommes souris, je n'étais plus le seul représentant des accidentés de la vie, nous étions deux, une jeune fille et un presque vieil homme, moi, deux ou 3 générations nous séparaient mais nos regards nous ont suffit.

Et c'est là que j'ai pensé à vous tous mes amis de Twitter et de Facebook à qui je dois tant, oui, chaque fois qu'un intervenant avait fini de parler, mais surtout quand toutes nos jeunes Mariannes sont montées sur scène, j'ai pensé à VOUS, quand la foule entière a entonné la Marseillaise, ne pouvant chanté je me suis levé de mon fauteuil en pleurant et j'ai pensé à VOUS mes amis(e) qui ne pouvaient venir, VOUS qui m'avait dit "falempin on criera avec toi".

Vous qui m'avait donné votre confiance mais plus encore, vous m'avez donné le courage, la force, la volonté et pour envelopper ce paquet "d'exigences" que vous m'avez offert, vous l'avez enveloppé d'une amitié sincère pour beaucoup et d'affection profonde pour vous qui êtes devenus des intimes.

Avec Patricia, nous avons vu les personnalités arrivées, je ne peux les citer toutes, mais près de nous sont passés : Jean-Pierre. Raffarin, Claude Guéant, Michèle Tabaro, Christine Boutin, Jean-François Copé, Henri Guaino, Laurent Vauqiez, etc ....

    IMGP0820.JPG

Photo avant que le cordon de sécurité ne saute sous la pression

Vers 16h30, des mouvements de foule et des clameurs me parviennent de la petite rue par ou sont arrivés les officiels, les cordon de sécurité assuré par des bénévoles se tend, ils ne résisteront pas longtemps à la pression de la foule qui veut elle passer pour aller sur les Champs Elysée, les officiels sont maintenant entièrement noyés dans leur espace réservé, la foule est partout, sur ma droite les bénévoles n'ont pu résister, nous sommes submergés, j'ai peur au bord du trottoir je ne peux bouger, quelques personnes essaient de faire écran pour nous protéger ....

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Carré réservé aux personnalités mais déjà envahi par la foule

Les forces de l'ordre n'ont pas bouger, ils ont laissé la foule s'engouffrer sur la droite de l'Arc de triomphe vers la place de l'Etoile et les champs Elysées. Je parlerai de cela dans mon deuxième billet, car j'ai vu ......

Patricia et moi sommes coincés là, bloqués entre le car régie de la télé et sa caméra aérienne, sur le bord d'un trottoir haut en pente, les freins de mon fauteuil serrés j'ai peur pour notre sécurité et celle de la jeune fille handicapée elle aussi bloquée comme nous avec ses parents.

J'essaie de dire à Patricia "on s'arrache, on s'arrache "!!!! Elle ne peut m'entendre dans ce vacarme assourdissant, je crie, je lève la tête vers elle, elle se penche vers moi et je lui crie "on s'arrache" !

Elle a compris, mais nous sommes complètement bloqués, Patricia se démène et fait signe au gens de nous laisser passer pour gagner la contre-allée derrière nous pour tenter de redescendre l'Avenue de la Grande Armée !

Nous somme coincés au bord de ce trottoir infranchissable pour nous, les parents de la jeune fille handicapée ont compris aussi, ils se serrent contre le camion régie pour que nous puissions passer entre le fauteuil de la jeune fille et le bord du trottoir, et enfin des gens comprennent ce que nous voulons faire, et chacun pousse à droite et à gauche pour nous laisser un passage, ce n'est pas, hélas, sans buter sur quelques pieds et talons, nous nous excusons toujours, les gens comprennent.

Arrivés sur la contre-allée côté gauche en descendant vers la Porte Maillot, notre stupeur, elle est pleine à craquer de manifestants qui, eux, remontent vers la Place de l'Etoile, cette foule est aussi compacte que sur l'Avenue elle même, sauf que ces milliers de personnes ne seront pas comptées, et je me dis qu'il doit en être pareil sur la contre-allée de l'autre côté de l'Avenue.

Nous avons un avantage cependant, les manifestants sont face à nous, ils nous voient arriver, et c'est sous les applaudissements et les "bravo quel courage, félicitations, honneur à vous ...." que nous redescendons mètres par mètres cette immense Avenue accompagnés par la clameur de la foule qui scande ses slogans et crie "Hollande Démission" !

A mi-parcours, les choses se compliquent de nouveau ......

En effet, il est plus de 17h30, nos cars doivent partir à 18 heures précises, cela me parait impossible d'y être, car sur la contre-allée ou nous sommes la situation change, il y a maintenant ceux qui montent et ceux qui descendent, dans ce mélange les gens se croisent dans tous les sens, je me vois de nouveau saisi de panique, comment slalomer au milieu de cette foule désordonnée ?

Patricia je ne peux la voir, elle essaie de passer dans le moindre espace se présentant à nous, et soudain, un homme grand, d'un âge que je considère comme le mien nous voit bataillant pour essayer d'avancer, et il nous dit : "suivez-moi, je vais essayer de vous frayer un chemin...." Formidable solidarité, formidable fraternité, il part devant nous.

Commence alors une descente épique, il marche d'une allure déterminée, maniant les bras et la voix,"s'il vous plait ... s'il vous plait ..." et nous avançons ! quelques dizaines de mètres, l'avenue est pleine à craquer, si une personne fait un malaise comment feront les secours ? Cette question m'a taraudé l'esprit toute la journée, j'y reviendrai dans mon second billet !

Avec l'aide de notre sauveteur, nous gagnons petit à petit du chemin, je n'ai plus aucun repère, nous sommes perdus dans un endroit que nous ne connaissons pas, puis quelques centaines de mètre plus loin, j'aperçois sur ma droite le Palais des Congrès, nous arrivons donc bientôt Porte Maillot, puis la foule s'éclaircie un peu, et notre sauveteur nous dit un au revoir touchant que nous lui rendons avec émotion, encore une belle preuve de solidarité et de fraternité ! Nous n'oublierons jamais ces gestes de bienveillance.

Nous arrivons face au Palais des Congrès mais il nous faut regagner le Bois de Boulogne nous sommes perdus au milieu de tous ces carrefours avec des manifestants qui comme nous redescendent, mais dans toutes les directions.

Quel mouvement suivre ? Heureusement, il y a des gilets jaunes partout, des gilets bleus qui bloquent les accès à tous véhicules, Patricia commence a fatiguer sérieusement, la chaussée est mauvaise, rouler le fauteuil pour passer les passages piétons ou franchir les trottoirs deviennent difficiles, heureusement il y a toujours une personne prête à lui donner un coup de main, que de braves gens à Paris aujourd'hui !!

Puis un problème plus cuisant se fait jour, le froid est mordant et un besoin pressant se fait sentir et ça urge, nous venons de franchir la Porte Maillot, Il y a des rues partout, mais comment se diriger ? Nous cherchons un repère pour essayer d'appeler Nadia pour lui dire ou nous sommes, mais impossible de la joindre, alors nous demandons notre chemin pour retrouver notre car au Bois de Boulogne !

Nous demandons à une bénévole en jaune qui cherche sur son GPS, mais la description de l'allée Reine Marguerite manque de précision, alors elle nous indique quelle direction prendre pour aller Porte Dauphine, nous sommes tous deux fatigués, et cette envie urgente, nous arrivons à l'immense rond point de la Porte Dauphine et miracle, il y a des WC .... mais de l'autre côté de cette avenue très large, et des policiers un peu partout, tant pis, nous traversons et pouvons enfin satisfaire un besoin bien naturel.

Pour autant nous sommes toujours perdu, nous appelons une bénévole en jaune, le Rond Point Dauphine est encore fermé à la circulation en direction de la porte Maillot, les bénévoles jaunes et bleus sont nombreux pour empêcher l'entrée de tous véhicules vers la Porte Maillot, il y a aussi de nombreux policiers et motards mais juste là à regarder, ils n'interviennent pas, ils attendent sans doute des ordres au cas ou .....

La jeune fille en jaune nous cherche l'itinéraire piéton pour rejoindre notre car, elle trouve et nous annonce 4 kms !

Wraoummm c'est le désespoir, jamais Patricia ne pourra me brouetter sur cette distance sachant que dans le Bois les allées en sous-bois ne sont guère praticables pour mon fauteuil. Voyant nos visages défaits, la jeune fille va chercher un bénévole de la sécurité en liaison constante avec son PC.

Il vient nous voir et après avoir pris connaissance de la situation, il téléphone un peu partout puis revient nous voir, quand je dis que le dévouement et l'abnégation sont encore dans le cœur de l'homme, je le dis avec sincérité !

Il a 2 solutions, soit prévenir le car qui nous prendrait au Rond Point de l'avenue Dauphine, soit il trouve une voiture. Il nous emmène à l'abri du vent pour nous protéger sous la bienveillante garde de la jeune fille gilet jaune, puis 2 minutes plus tard il revient. Une voiture vient nous prendre et nous emmènera jusqu'au car. En attendant il nous conduit à l'abri dans l'entrée de la gare TER pour nous réchauffer et viendra nous chercher dès que la voiture arrivera !

Je n'oublierai jamais de ma vie ce qui c'est passé ensuite.

En attendant, Patricia exige que je mange quelque chose, je ne veux pas, elle insiste et je me résous a manger une banane. J'ai à peine fini que notre brave garçon en gilet bleu vient nous chercher, la voiture est garée sur le Rond Point il faut faire vite, franchir les terre-pleins en béton qui sépare les trottoirs du couloir des taxis je suppose, et on embarque dans une voiture d'un monsieur d'un âge avancé d'une gentillesse et d'une douceur étonnante.

Je veux dire au revoir à notre gentil ange bleu, mais non, il nous accompagne jusqu'au ....... car, mais pas en voiture, il est responsable de la sécurité sur le parcours de la manif et il va nous ouvrir la route jusqu'au car et tout ça ....... en courant sur 4 kms avec son barda sur le dos, nous le suivons à son rythme avec la voiture.

Maintenant il y a des motards de la police partout, ils sont des dizaines, partout bloquant les carrefours pour laisser priorité aux cars qui déjà partent en convois.

A sa vue les policiers nous font passer les carrefours sans encombre, nous cherchons en vain notre car, ma seule chance c'est de connaitre la société qui nous transporte, donc il me suffit de chercher le nom inscrit sur le côté, mais hélas et heureusement, nous ne sommes pas le seul car de cette société il faut nous fier au numéro 45-17 et notre brave ange bleu de continuer a courir ... il a un sacré courage ce jeune homme, car faire ça après la rude journée qu'il a du passer, je suis simplement muet d'admiration.

Soudain je l'aperçois, là, à gauche, notre car est là et je vois avec étonnement que loin d'être les derniers en fait nous sommes les premiers arrivés, le chauffeur nous a reconnu, il est déjà dehors pour nous aider, la voiture fait demi-tour pour me descendre au plus près, et nous opérons le transfert de fauteuil au coffre du car !

C'est avec chaleur, émotion et les larmes aux yeux que nous remercions notre ange bleu et ce monsieur si gentil et je vois à leur sourire et à leur regard combien ils sont heureux de nous avoir aidé.

Savez vous quelles seront leur dernière phrase ? La voici : "merci à vous d'être venus pour cette manifestation, merci pour votre courage et surtout bon retour" !

Mais pour moi le courage n'est pas chez moi, il est chez Patricia dont je n'ai pu voir beaucoup le visage de la journée, le courage c'est d'abord Patricia en ce qui nous concerne, puis enfin je pense aux plus de 8 000 bénévoles qui auront permis que cette journée se passe bien pour près de 1 700 000 manifestants, voir mon second article demain, ça va chauffer !!

Je tire un grand coup de chapeau à tous les anonymes qui nous ont aidé, encouragé, applaudi, félicité, mais aussi à ceux dont nous avons parfois bien involontairement bousculé un peu les chevilles ou les talons, et je demande un pardon particulier à cette dame sur laquelle une roue de mon fauteuil a heurté le talon un peu fort suite a une légère bousculade derrière nous au centre de l'Avenue de la Grande Armée !

Quelques minutes après, la nuit tombante tout le monde était là, séparés depuis le matin, la joie de nous retrouver fut grande, et je puis vous affirmer que malgré la fatigue de tous, nous avons bavardé à bâton rompu créant pour l'avenir des liens forts, car le combat continue, alors Nadia, Jacques, de votre petit village de Sologne à 9 kms du notre, il me parait évident que nous allons nous revoir !

IMGP0825.JPG

Marianne et ....... falempin

Merci et reconnaissance à notre super et gentil chauffeur qui a été au top !

C'est le cœur en paix que j'ai pu prendre enfin la main de Patricia dans une tendre complicité, et elle m'a dit : Tu vois tu l'as fait", quel culot !! Rire !!!

Comme j'aime à le dire, et j'en ai fait ma devise : "C'est en marchant qu'on prouve le mouvement" !

Le combat continue, ON LACHE RIEN ! Je me mets à mon second article !

Le 26 mars2013

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falempin Falempin - dans Politique
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Commentaires

corto74 27/03/2013 23:18


Superbe témoignage et que de courage pour toi et patricia.


Merci à toi


cordialement

Falempin 28/03/2013 23:04



Merci mon ami, si j'avais eu un souci sérieux, je t'aurais appelé, même dans ce vacarme infernal.


Pour moi ce sera une journée inoubliable.


Merci à toi pour ta confiance ;-)) Amitié



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